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A Conversation with Canadian Sign Painter Pierre Tardif

Nous sommes à seulement une semaine de la date limite pour la sélection des classes pour Rendez-vous 2019. Cette année, nous avons le plaisir d’offrir deux cours en lettrage (sign painting) traditionnel ! Ce sujet n’a été offert que cinq ou six fois depuis le début des congrès, en 1981. Alors si les pancartes et les affiches vous intéressent, nous vous encourageons fortement à profiter de cette occasion. Nous avons le plaisir de vous présenter Pierre Tardif, un lettreur originaire de la ville de Québec qui possède plus de trente ans d’expérience. Pierre donne des cours à son atelier, a créé un ensemble de DVD pédagogiques sur le lettrage (en anglais) et a organisé le rassemblement « Letterheads » 2018, à Québec. Cet été, il se joindra à Rendez-vous pour enseigner deux cours de lettrage bilingues. Poursuivez votre lecture pour en apprendre davantage sur le métier de Pierre et comment un amour de jeunesse pour les voitures de course a suscité une passion à vie ainsi qu’une carrière !

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Où avez-vous grandi et qu'est-ce qui a suscité votre intérêt pour les lettres?

J'ai grandi à Val-Bélair, une petite banlieue de Québec. Il y avait un circuit de stock-car à environ 3 km de la maison familiale et j'y allais presque tous les week-ends pour assister aux courses. C’était à l’époque où les commanditaires et les numéros des voitures de course étaient peints à la main et cela a vraiment attiré mon attention. À la fin des courses, nous étions autorisés à aller dans les stands pour rencontrer les pilotes. J'étais probablement le seul enfant à y aller plus pour voir les inscriptions sur les voitures de plus près que pour rencontrer les pilotes.

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Quand avez-vous commencé à apprendre le lettrage et quel style avez-vous appris en premier ?

Encore une fois, quand j’avais environ 10-11 ans, j’étais inspiré par les inscriptions sur les voitures de course et tentais de les reproduire sur ma boîte à savon, à la maison. Je peignais aussi mes petites voitures Matchbox. Adolescent, je peignais des enseignes et des affiches pour des dépanneurs et une boucherie.

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Quels lettreurs ont eu la plus grand influence sur vous et votre travail et pourquoi ?

Je dirais que la plupart des lettreurs à Québec et dans les environs, à cette époque, ont eu une influence sur moi. J'étais entouré de très talentueux lettreurs. Mais au fur et à mesure que je développais mes compétences avec le pinceau, je dirais qu'Alain Tondreau a le plus influencé mon style ; il avait simplement le meilleur « block » et le meilleur « script ». Il avait aussi son propre style et envahissait toute la communauté de lettreurs avec ses lettres mi-ombragées et ses ombres. Mon « casual » est certainement influencé par Jean-Louis Tremblay, avec qui j'ai travaillé quelques années. Je dirais même que j'ai presque copié mon « casual » sur le sien.

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Où créez-vous et comment avez-vous organisé votre espace ? Quel est votre meilleur moment de la journée et préférez-vous travailler avec de la musique ou en silence ?

Je travaille chez moi. J’ai un atelier de 24 pi x 24 pi (7,5 m x 7,5 m) dans mon garage. En tant que lettreur, je travaille la moitié du temps sur place. Comme mon atelier ne peut accueillir que des voitures, je me déplace pour les camions et la plupart des hot rods, car ils ne se déplacent pas facilement. Il n'y a pas vraiment de meilleur moment de la journée pour travailler, pour moi. Parfois, c’est plus fluide tôt le matin et d’autres fois, c’est tard le soir. Lorsque je suis dans l'atelier pour lettrer, j'aime écouter la radio parlée, des documentaires (grâce à Netflix et YouTube) et, bien sûr, de la musique. En fonction de l'ambiance et de la rapidité requise du travail, le style de musique varie. Je peux facilement écouter Charles Aznavour un jour plus calme, puis passer à Slayer (lorsque le travail doit être livré rapidement) ou au Glenn Miller Orchestra. Toute musique est adéquate sauf le nouveau hip hop électronique à coup sûr !

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Quels sont les trois outils les plus essentiels de votre pratique et pourquoi ?

Pinceaux, pinceaux et pinceaux ! Une fois que vous connaissez la structure de l'alphabet, vous pouvez faire à peu près n'importe quel style avec un bon pinceau à lettrage. Mon préféré est un pinceau plat de 3/8 po (1 cm). Je sens que je pourrais faire n'importe quoi avec seulement celui-là.

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Vous travaillez sur une grande variété de surfaces, y compris les voitures classiques, les hot rods et les véhicules commerciaux. Qu'est-ce qui vous intéresse le plus dans votre travail avec les voitures et que faut-il prendre en compte quand on fait du lettrage sur un véhicule ?

Cela peut paraître idiot, mais ce que j’aime le plus dans le travail sur une voiture, c’est que la surface est toujours lisse. (Récemment j’ai lettré un mur dont le bois a plus de 125 ans. C’est une surface rugueuse.) Il n’y a pas beaucoup de préparation à faire mis à part un bon nettoyage et un essuyage à l’alcool. Selon le véhicule, ce que je prends en considération est différent.

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Si c’est un camion commercial neuf, je mets l’accent sur la lisibilité et l’effet visuel. Il doit être facile à lire tout en étant agréable à regarder. Bon contraste et lettres de bonne taille. Si c’est un véhicule classique, je me fie surtout à l’ancien style de lettrage. Il est très important pour moi que le lettrage corresponde à l'ère du véhicule. À ce propos, j'ai une bibliothèque complète de livres et de magazines anciens pour m’inspirer.

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Quel a été votre réalisation ou projet le plus significatif et pourquoi ? Qu'est-ce qui le rendait si particulier, plus stimulant ou enrichissant ?

Ce serait sûrement la décoration à la feuille d’or sur le camion à incendie à vapeur de Saint-Jean-sur-Richelieu, même s’il ne portait aucune écriture. Il date de 1876 et ils m'ont engagé pour reproduire les ornements à la feuille d'or. Le défi consistait à faire le travail aussi bien que les décorateurs de cette époque. Croyez-moi, ils étaient incroyables, je ne pense pas que nous verrons encore ce genre de travail de nos jours étant donné toutes les distractions que notre époque peut offrir. Après avoir étudié ces décorations dans des livres et avec l'aide de Ken Soderbeck, Peter Achorn et Pete Payne, j'ai perfectionné les techniques pendant des mois avant de commencer le projet. Le travail a pris environ 200 heures sur place, à la caserne des pompiers, et je suis très fier du résultat. Le camion à incendie à vapeur est maintenant inscrit au Registre du patrimoine culturel du Québec.

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Vous donnerez deux cours de lettrage à la main à Rendez-vous 2019 – « Lettres en bloc » et « Lettres casual et script ». Quelles connaissances et compétences les élèves acquerront-ils de ces cours et comment décririez-vous votre style d'enseignement ?

Je m'attends à ce que les élèves viennent principalement de la calligraphie. Ils vont donc apprendre une technique totalement différente de structure de l’alphabet. Travailler avec un pinceau de lettrage à poil doux est très différent de la technique utilisée avec un pinceau de calligraphie rigide ou une pointe. Je suis persuadé que cette technique les aidera autant que la calligraphie a contribué à mes compétences en lettrage. Ce sont deux techniques différentes, mais le but est le même : créer de belles lettres !

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Comment décririez-vous le monde du lettrage au Québec et ailleurs ? Que signifie communauté pour vous dans le contexte de l’art du lettrage ?

Il est difficile de parler d’une communauté du lettrage au Québec, car il reste très peu d’entre nous qui utilisent la manière traditionnelle. Parfois, je me sens très seul. Globalement, il y a une résurrection de ce que nous appelons les « Letterheads », un groupe d'aficionados du lettrage. C’est une organisation mondiale non officielle, unie par l’amour des coups de pinceau pour l’art du lettrage. Nous nous rencontrons quelquefois tous les ans aux réunions Letterheads, où nous pouvons rassembler de 20 à 300 personnes pour remuer de la peinture, enseigner et échanger des astuces du métier pour un week-end. J'ai été l’hôte d’une réunion de Letterheads à Québec l'hiver dernier (et une en 2003), et on a eu tellement de plaisir !

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En dehors du lettrage, quels sont certains de vos autres intérêts et passe-temps ? Qu'est-ce que les gens pourraient apprendre de vous qui pourrait les surprendre ?

Ma copine vous dirait que je n’ai pas d’autre intérêt que le lettrage parce que j’en suis passionné. Mais j’en ai d’autres. J'aime la menuiserie et le travail du bois. J'ai construit deux maisons (et demie) et deux de mes ateliers. J'aime travailler avec le bois, que ce soit pour construire un hangar ou simplement une petite table. J'aime améliorer mon travail et mon espace de vie. Tout ce qui se fait autour de la maison me plaît. Mais pas pelleter la neige ! Point final. J'aime aussi faire du lettrage comme passe-temps ; j'aimerais avoir plus de temps pour faire des enseignes juste pour le plaisir, sans aucune condition.

Pierre Tardif

Canada
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